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Le sténopé est un appareil photographique primitif, une simple boite percée d’un trou, dans laquelle on insère du papier photographique. Il s’agit d’un langage et d’une technique photographique simple, à la portée de tous.
La maîtrise de cette technique se rapproche de l’acquisition d’un nouveau langage dans le sens où chaque stagiaire est amené à parcourir tout le processus de création d’une image, à commencer par la fabrication de son appareil, sa « camera obscura ».
Peu de matériel est nécessaire à la réalisation d’un tel atelier : une boite en métal étanche à la lumière (thé, lait en poudre pour nourrisson, cannette de soda, ou tout autre boite récupérée), du papier photosensible, et les produits nécessaires au traitement des photographies. Le « laboratoire », quant à lui, sera réduit à sa plus simple expression en occultant la lumière d’une pièce et en y plaçant une lumière inactinique.
Le sténopé permet d’acquérir avec une technique simple un nouveau langage visuel, qui met en jeu tout le processus de création d’une image (fabrication de la boîte, prises de vue, développement en laboratoire). Il démystifie la « magie » du déclic et permet de comprendre comment les images se forment.
Chaque « boîte » ne permettant qu’une prise de vue à la fois, avec un temps de pose très long (souvent plusieurs minutes), la prise de vue amène à une véritable réflexion sur les facteurs de réalisation d'une photographie (composition, temps, cadrage expérimental du fait de l’absence de système de visée, etc.)
Ces images, si différentes, montrant les perspectives sous un jour nouveau, s’écartent de la photographie traditionnelle car elles ne s’enferment pas dans un cadre, un jugement et une morale, et n’exhibent jamais la réalité comme une donnée objective. Elles ramènent la photographie à ce qu’elle est, malgré son apparente objectivité, une interprétation de la réalité.
Par cette pratique, les participants aux ateliers sténopé proposés par Accolade acquerront des outils créatifs pour proposer leur propre vision d’une réalité, vue à travers leur sténopé.

L’utilisation d’une simple boîte de récupération pour la réalisation des photographies éloigne également les notions de valeur et de pouvoir liées à la possession d’un appareil photographique au profit d’une expérience commune de l’image. L’acte de création d’une image devient alors un processus palpable, interactif.
La pratique du portrait et de l’autoportrait, envisageable avec le sténopé, peut participer aussi d’une démarche de valorisation de soi, metteur en scène et acteur de sa propre représentation, de sa propre histoire. Par le choix de photographier tel ou tel lieu, telle ou telle personne, de faire un autoportrait à tel ou tel endroit, la notion d’identité intervient. Cet acte peut être vu comme l’affirmation de ce que l’on est, à un moment donné.
